RPG, Rééducation Posturale Globale

Ecrit par BERGENSTRÖM Caroline  
15-11-2007

Dans cet article vous trouverez les paragraphes suivants :

  • Origines et évolution
  • Principes de base :

quelques notions fondamentales :

  1.    Travail actif et Allongement musculaire
  2.    Respiration
  3.    Décoaptation articulaire
  4.    Les Chaînes musculaires et paradoxe
  5.    Individualité – Causalité – Globalité et paradoxe
  6.    Fluage (Creep)
  7.    Les Postures
  8.    Indications
  9.    Limites
  •  Conclusion
  •  Sources



ORIGINES ET EVOLUTION

Philippe E. SOUCHARD, kinésithérapeute, a été assistant de Françoise Mézières. Bien que l’influence mutuelle fut évidente (notion de chaînes musculaires) Ph. Souchard a suivi sa voie originale avec la création de la RPG en 1980, et la parution de son livre « Le Champ clos » (Bases de la méthode RPG) en 1981 (Ed. Le Pousoë). Il a depuis publié une quinzaine d’ouvrages traduits pour la plupart en portugais, espagnol, italien, anglais et allemand. Les recherches se poursuivent et enrichissent la RPG de nouvelles découvertes.
Ph. Souchard est président de l’UIPTM : Centre de formation continue des kinésithérapeutes reconnu par l’Association française de la Charte de Qualité des organismes de formation continue en kinésithérapie.
Un congrès international est organisé tous les quatre ans.
La formation de base en RPG dure 5 semaines et est ouverte exclusivement aux kinésithérapeutes et physiothérapeutes diplômés. Il existe plusieurs possibilités de recyclages et de formations « supérieures » dont le SGA®, « Stretching Global Actif » créé en 1994. En juillet 2007 Ph. Souchard a donné pour la dernière fois sa formation « SGA » en France, à l’UIPTM à Saint-Mont dans le Gers, en présence de tous les moniteurs européens (dont Norbert GRAU pour la France), à qui il a transmis la responsabilité de cette formation. En effet, Ph. Souchard souhaite dorénavant se concentrer sur la thérapie, et répondre à la demande de formation RPG pour les praticiens dans de nouveaux pays. Le SGA se pratiquant au moyen d’autopostures de prévention, de maintien et de préparation souvent en groupe (autopostures assistées ou non), il se différencie de la RPG qui soigne et traite en séances individuelles.


PRINCIPES DE BASE

QUELQUES NOTIONS FONDAMENTALES

Hégémonies – Morphologie :
Dans notre comportement moteur humain, d’instinct et pour notre survie, nous devons activer des groupes musculaires hégémoniques. Les muscles de la « Statique » en font partie.
On différencie les muscles « Statiques » des muscles « Dynamiques ».
- Les « Statiques » sont fibreux et résistants à l’allongement pour maintenir notre posture. Ils sont tout le temps actifs, chez le travailleur de force et le sportif, comme chez l’étudiant assis ou l’employé de bureau.
- Les « Dynamiques » sont plus actifs lors de mouvements.
Ces deux familles de muscles sont antagonistes et complémentaires, mais comme les muscles posturaux sont continuellement en activité, ce sont eux qui sont responsables de notre morphologie, quel que soit l’état des « dynamiques ».
Lors d’un déséquilibre postural, le-la thérapeute RPGiste observe et identifie parmi les muscles statiques des groupes « statiques vainqueurs » (trop courts et raides) et des groupes « statiques vaincus ». Le rôle du- de la thérapeute sera de rééquilibrer les tensions en commençant par l’allongement des plus courts, responsables de la déformation. En effet, « 80% des lésions sont d’origine morphologique ».

1-Travail actif et allongement musculaire

En RPG, un travail proprioceptif fait appel à la participation active du sujet.
Nous exerçons les muscles de la statique (posture) exclusivement en contraction isométrique, en position chaque fois plus excentrée (=allongée).
Que se passe-t-il donc au niveau microscopique, au sein du sarcomère ?
- on « déponte » actine-myosine
- on épuise l’élasticité de la Titine
- on arrive à l’étirement du conjonctif non-élastique
(Proske et Morgan 1999)
Les étirements contre résistance favorisent la formation de sarcomères en séries.
(Goldspink) (Proske et Morgan 2000) (Brokett et coll 2001)
La RPG et le SGA favorisent donc l’allongement du muscle.
Pendant une séance de RPG, les systèmes nerveux « automatique » et « volontaire » du sujet sont sollicités au même niveau et contribuent à parts égales. Une part du travail échappe donc à la volonté du sujet, mais demande son accord, comme lors du travail sur le « réflexe antalgique à priori ».
« La RPG est, fondamentalement, une méthode proprioceptive d’inhibition » (Souchard, « Principes et Originalité de la RPG » Ed. Le Pousoë,2003)

2-Respiration

Les muscles inspirateurs accessoires sont suspenseurs du thorax et font partie en tant que tels des muscles de la statique. La RPG se fait en amplitudes expiratoires chaque fois plus importantes ; le thorax ainsi libéré peut mobiliser ses côtes avec une meilleure amplitude et augmenter les échanges gazeux dans les poumons. En augmentant le volume d’air courant nous rejoignons les grandes traditions orientales qui nous ont précédés et pour lesquelles « rétablir le souffle vital » était primordial.

3-Décoaptation articulaire

La main du- de la thérapeute travaille toujours en décoaptation articulaire pour diminuer les composantes de tassement pendant la traction musculaire. Sa main peut aussi guider la correction, détordre, réaxer les surfaces articulaires (c.f. la « manualité » du thérapeute).

4-Les Chaînes musculaires

Nos muscles fonctionnent par groupes et par chaînes.
Dans un groupe musculaire certains muscles enjambent plusieurs articulations.
Dans une chaîne musculaire plusieurs groupes se relaient, s’enjambent les uns les autres.
Si un groupe dysfonctionne, c’est toute la chaîne qui est concernée. Si un groupe est enraidi, on observera une compensation à distance, le long de la chaîne musculaire concernée. La compensation peut parfois se transmettre à une autre chaîne en passant par un « nœud de communication ». Il est donc nécessaire de trouver des postures d’allongement globales.
Ph. Souchard décrit deux grandes « Chaînes musculaires maîtresses » : antérieure et postérieure, ainsi que six chaînes musculaires statiques secondaires.
- Paradoxe : « Les chaînes musculaires n’existent pas », elles sont l’expression de la coordination motrice dynamique et de la coordination motrice statique. (Souchard, 2007, se référant à Kabat

5-Individualité, Causalité, Globalité, Paradoxe

 Individualité

De même qu’il n’y a pas deux individus parfaitement semblables, il n’y a pas non plus deux colonnes vertébrales identiques. Avec la RPG, nous avons pour principe de base de traiter le malade et non la maladie, l’individu et non seulement son symptôme. Notre observation de l’individu, notre compréhension de son fonctionnement biomécanique, et notre sensibilité vont nous aider à le guider dans une posture et à apprivoiser ses tensions rebelles.

  Causalité

Le traitement efficace et durable d’un symptôme (par exemple : douleur lombaire) ne peut être obtenu qu’en trouvant et en traitant sa cause le long de la chaîne concernée (par exemple: région du genou ou du pied).

 Globalité

Dans la globalité nous cherchons à corriger en même temps le symptôme, ses fixations et causes.

  Paradoxe

« La globalité nous est inaccessible; on n’est que partiellement global » (Souchard, 2007) En effet, la posture de l’individu répond aussi à des dimensions qui nous échappent: psychiques, diététiques, culturelles…

6-« Fluage » (Creep)

Allongement = a (Force/Coefficient d’élasticité X Temps d’allongement)
Plus on augmente le temps de traction, plus on peut diminuer la force d’étirement (15 -200g. suffisent)
La loi de la Physique ci-dessus concerne essentiellement le tissu conjonctif associatif non-élastique du muscle (série et parallèle) : endomysium, périmysium, épimysium et tendon. (Patel et Lieber 1997 ; Huijing 1999)

7-Les Postures

Les familles de postures se répartissent en postures avec ouverture ou fermeture des hanches (jambes en « grenouille »), en combinaison avec une ouverture ou fermeture des bras; en décharge couché sur le dos, ou en charge assis, debout. Le choix des postures dépendra du bilan de début de séance et peut évoluer au cours du traitement. Les postures en charge sont plus proprioceptives et permettent une meilleure intégration des résultats dans le schéma corporel.
Une séance dure 45-60 minutes et comporte idéalement plusieurs postures.
Le rythme des séances est hebdomadaire en début de traitement (mais peut être plus rapproché en cas d’urgence).
En fin de traitement, on peut conseiller la pratique d’auto-postures et espacer les séances.

8-Indications

  • problèmes morpho-posturaux : cypholordose, scoliose, genu-varum, genu-valgum, pieds plats, pieds creux…
  • douleurs articulaires : cervicalgies, cervicobrachialgies, dorsalgies, lombalgies, lombosciatalgies, tendinites, périarthrites…
  • problèmes post-traumatiques
  • certains problèmes respiratoires

    …

9-Limites

On peut noter quelques réactions, surtout lors des 2-3 premières séances (courbatures, froid, faim, sommeil…)
La RPG étant extrêmement qualitative et progressive, faisant participer activement le-la patient-e et respectant la règle d’individualité, elle ne présente pas de contre-indication, ni de limites autres que celles propres à la physiothérapie.


CONCLUSION

La RPG® - Rééducation Globale Posturale est une méthode parmi d’autres méthodes reconnues en physiothérapie et pratiquée dans de nombreux pays en Europe, Amériques du Sud et du Nord. Nous espérons que cette description a su éveiller votre intérêt et répondre à vos interrogations. Nous restons à votre disposition pour de plus amples informations.

Sources :

« Principes et Originalité de la RPG », Philippe Souchard, 2003 Ed. « Le Pousoë » F – 32400 SAINT-MONT
 Notes de cours et expérience pratique
 Photos : ©Marika Fritschy, membre ASPTM